Troisième verre de Whisky. Ça devait pas se passer comme ça. Je sais pas ce que je fou là. Je vois plus rien et pourtant je souris, j'me souviens de toi. Je me souviens de tes yeux, ton odeur, ta peau, toi. Je souris. Putain c'que j'me sens con, là affalé sur mon canapé merdique à me remémorer ces moments passés, le verre à la main et la bouteille pas loin. J'avais cru être plus fort que ça. Je pensais être au dessus de tout ça, au dessus de la vie. Je me sentais bien, là, avec toi, ta main posée sur ma jambe. Je voudrais pouvoir enfouir ma tête au creu de ton cou encore une fois, sentir ton odeur, sentir ta présence, te dévorer. T'es pourtant surement bien mieux là où t'es. Loin de moi, loin de mes caprices et de mes frustrations stupides. Je me souviens. Peut-être même que je me souviens trop, je devrais oublier, regarder la vie et avancer un peu plutôt que de me contraindre à reculer. Tu sais dans la vie, si on recule, on meurt. Peut-être que finalement ce serait pas si mal hein, je suis bien partit pour, le chemin est bien entamé déjà. Mon salon s'est transformé en un panorama brouillé sans teintes qualifiables. Plus rien. Je vois flou et pourtant, je souris, et je me sens con. J'ai les yeux qui piquent et j'me dis que j'aurais mieux fais d'y faire attention, à mes yeux. Je nourris l'espoir de te revoir un jour. Pouvoir t'admirer encore une fois, m'arrêter sur ton corps parfait et me souvenir de tout ça, de toi, de moi et de nous, ensemble. J'attends de pouvoir te sourire et te prendre dans mes bras, de te serrer si fort que j'aurais pu faire fusionner mes souvenirs aux tiens. Peut-être qu'alors tu m'aurais pardonné de t'avoir demandé de partir, pour ton propre bien mais pour un caprice de ma part. En parfait égoïste que je suis, j'avais pas pensé en arriver là. Et pourtant. J'ai bien mal fait les choses. Si mal que je t'ai revue aujourd'hui, après tout ce temps. Je n'ai pas pu te serrer dans mes bras, puisque tu étais dans ceux d'un autre.


